Au milieu de nulle part, entrez dans un monde flottant et cristallin, à la découverte des paysages assoupis dans vos rétines.
L’humour de Kubilai Khan investigations, un duo de danseurs patineurs, les pieds enfouis dans des sacs plastiques, sur une scène ressemblant plus à une banquise qu’à un plateau, annonce quelques éclats, et la légèreté des images du collectif Ludica promet un choc voluptueux et étincelant.
Le plateau n’est plus un lieu, il est une bulle qui nous enveloppe. Les images s’impriment sur les mouvements, réflexions qui créent des dédoublements, des inversions où se perturbent nos identités. La scène devient une toile réceptacle de propriétés lumineuses et vibratoires, d’impressions fugitives où les corps sont à la fois plus troubles, plus accessibles.
Kubilai Khan Investigations / Ludica se sont rencontrés autour de l’idée que le dehors n’est pas un instrument du dedans, qu’il n’y a pas toujours une nécessaire distinction entre l’animé et l’inanimé et qu’aucune substance n’était stable.
Autour de ce précipité poétique multipolaire, transposé dans une situation de plateau où tout se fabrique à vue, coulent des images qui font tourner les corps comme un kaléidoscope, sensation d’un volume à plusieurs fonds qui accueillent les empreintes délicates, fragiles et mobiles de nos désirs.
Koko Doko est une boîte à outils, une disposition à dérégler enveloppes et surfaces.
Frank Micheletti, mai 2006
Extrait video de Koko Doko par Camille Doucet